Fin juillet 2025, un accord a été signé entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président américain Donald Trump. Passé trop modestement dans l’actualité estivale, ce texte est pourtant un tournant stratégique majeur pour l’Europe. Et un signal d’alarme pour la France, .Sous couvert de partenariat transatlantique, TOUTE l’Europe s’est engagée à acheter prioritairement ses énergies fossiles (gaz de schiste et pétrole) et ses matières fissiles (notamment l’uranium) aux États-Unis. Pour des décennies !
Énergie : une dépendance sous-estimée :
Depuis les années 1970, les Européens ont appris, souvent à leurs dépens, qu’il est dangereux de dépendre d’un seul fournisseur d’énergie. L’accord de juillet 2025 ressuscite, hélas, cette erreur historique, à grande échelle. En cédant l’exclusivité à Washington, l’Union européenne confie son avenir énergétique à une seule nation, notoirement imprévisible et portée par une logique de puissance unilatérale.
Plus grave encore : cette dépendance touche aussi le nucléaire, LE pilier fondamental de l’indépendance énergétique française. L’uranium livré par les États-Unis sera désormais le combustible de référence. Or, ce matériau n’est pas interchangeable : chaque producteur (américain, russe, français) fabrique des combustibles adaptés à ses propres technologies. Une centrale conçue pour un type de combustible ne peut en changer sans transformation lourde, longue et coûteuse. Résultat : l’Europe se lie pour plusieurs décennies à son fournisseur unique ! Une relation verrouillée, comme en témoigne la centrale de Zaporijia en Ukraine, désormais prise au piège de son architecture russe.
La France vient d’être rétrogradée sur son propre terrain :
Cette évolution fragilise directement la France. Le nucléaire est un domaine où notre pays a longtemps brillé par son savoir-faire. Ce savoir-faire, nous l’avions partagé avec certains partenaires, y compris russes, au travers de joint-ventures industrielles solides. Ces coopérations sont donc aujourd’hui rompues. Plus grave , dans cette redéfinition de l’équilibre énergétique européen, l’Allemagne, traditionnellement hostile à la prééminence française dans le nucléaire, n’a rien fait pour freiner cette réorientation américaine.
L’énergie, nerf de la guerre économique :
L’énergie ne se limite pas à alimenter nos foyers : elle est la base même de notre économie. Sans elle, pas d’industrie, pas de production, pas de compétitivité. Or, en instaurant un marché européen de l’électricité basé sur le coût de la source la plus chère (le gaz, actuellement), Bruxelles a piégé ses propres États membres dans une logique inflationniste. Et cette spirale s’accélère à mesure que les États-Unis contrôlent l’approvisionnement. (le prix de leur gaz de schiste est plus haut que celui du gaz russe…)
Cerise sur le gâteau : 700 milliards de dollars d’investissements européens sont promis à l’économie américaine dans le cadre de ce partenariat. Autant de ressources qui manqueront aux entreprises et aux infrastructures de NOTRE continent. (Sans parler de Défense et d’armement…)
Un président plus européen que français :
Face à ce bouleversement, le silence de l’Élysée interroge. Le président français, toujours prompt à plaider l’unité européenne, s’est montré étrangement discret sur un accord qui engage pourtant l’avenir stratégique de notre nation. De plus en plus, son positionnement donne l’image d’un chef d’État plus soucieux de sa stature européenne que de la défense des intérêts français. Là où d’autres pays s’arc-boutent sur leurs intérêts nationaux, la France est en train de renoncer à son autonomie au nom d’un projet européen abstrait, souvent défavorable à ses propres forces.
Conclusion :
Derrière les discours sur l’intégration et la solidarité transatlantique, c’est une véritable perte de souveraineté qui s’organise. L’Europe s’enferme dans une dépendance stratégique. Et la France, loin de jouer le rôle de puissance d’équilibre, semble désormais naviguer à la remorque d’un projet technocratique, souvent germanocentré, et désormais américanisé.
Il est temps d’ouvrir les yeux. L’indépendance énergétique ne se délègue pas. Elle se construit. Ou elle se perd. On ne gouverne pas un pays en bradant ses leviers d’indépendance. L’accord Von der Leyen – Trump n’est pas une erreur de trajectoire : c’est un choix stratégique. Et le silence de l’Élysée vaut assentiment. Il est temps que les Français exigent de leurs dirigeants une loyauté prioritaire non envers Bruxelles ou Washington, mais envers la France.
Ou qu’ils s’en aillent.
Pierre-André CHAPELLE
En toute indépendance, je ne roule pour aucun parti politique, ni par intérêt personnel.
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