Le macronisme a une réponse réflexe à tous les problèmes : quand la réalité dérange, il ouvre les frontières. Quand la natalité s’effondre, il parle de “flux”. Quand le peuple s’inquiète, il parle de “peurs”.
Cette vision est celle d’un pouvoir technocratique, incapable de penser la nation autrement que comme un stock à gérer. Or un peuple n’est pas un chiffre. Une civilisation n’est pas interchangeable. Elle se transmet — ou elle s’efface.
Oui, la France traverse une crise démographique profonde. Mais pourquoi ce pouvoir refuse-t-il systématiquement de soutenir la natalité, la famille, la transmission, l’enracinement ? Pourquoi la seule perspective proposée consiste-t-elle à diluer plutôt qu’à prolonger, à substituer plutôt qu’à transmettre ?
Les immigrations passées ont réussi parce que la France assumait d’être la France et exigeait l’assimilation. Aujourd’hui, l’État n’exige plus : il s’excuse. Il n’intègre plus : il juxtapose. Il ne rassemble plus : il segmente. Puis il s’étonne de voir surgir le communautarisme, la défiance et les fractures.
Il ne s’agit pas de désigner des individus à la vindicte. Il s’agit de refuser les idéologies — religieuses ou politiques — qui contestent la laïcité, l’égalité entre les sexes et la primauté de la loi commune. Une République qui tolère ce qui la nie organise sa propre impuissance.
Le macronisme appelle cela le “progrès”. L’histoire, elle, appelle cela l’aveuglement. Gouverner sans mémoire, sans limites et sans cap n’est pas gouverner : c’est administrer le déclin.
Comme l’écrivait Tocqueville :
« Quand le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres. »
Pierre-André CHAPELLE
Et les Grecs nous l’ont appris bien avant nos technocrates :
ce ne sont pas les dieux qui condamnent les cités, ce sont les hommes qui refusent de voir venir la tragédie.
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