Tribune citoyenne pour la souveraineté, l’indépendance et la lucidité Bienvenue sur ce site de réflexions libres et engagées. Ici, je prends la plume non par nostalgie, mais par devoir : celui d’un citoyen français inquiet de voir son pays perdre pied dans un monde où l’indépendance devient rare, et la vérité souvent étouffée.

  Du coquin que l’on choie, il faut craindre les tours 
Et ne  point espérer de caresse en retour
Pour l’avoir ignoré, maints nigauds en pâtirent.
C’est ce dont je désire, lecteur, t’entretenir
Après dix ans et plus d’homériques batailles,
De méchants pugilats, d’incessantes chamailles,
Un chien était bien aise d’avoir signé la paix
Avec son voisin, chacal fort éclopé
Qui n’avait plus qu’un œil, chassieux de surcroît,
Et dont l’odeur, partout, de loin le précédait.
Voulant sceller l’événement et le célébrer dignement,
Le chien se donna grande peine Pour se montrer doux et  amène.
Il pria le galeux chez lui, 
Le fit entrer, referma l’huis,
L’assit dans un  moelleux velours
Et lui tint ce pieux discours :
« Or donc, Seigneur Chacal, vous êtes ici chez vous !
Profitez, dégustez, sachez combien je voue
D’amour à la  concorde nouvelle entre nous !
Hélas, que j’ai de torts envers vous et les vôtres,
Et comme je voudrais que le passé fût autre !
Reprenez de ce rôt, goûtez à tous les mets,
Ne laissez un iota de ce que vous aimez ! »  
L’interpellé eut très à cœur D’obéir à tant de candeur.
La gueule entière à son affaire,
Il fit de chaque plat désert
Cependant que son hôte affable
Se bornait à garnir la table.
Puis, tout d’humilité et la mine contrite,
En parfait comédien, en fieffée chattemite,
Il dit : «Mais, j’y songe, mon cher, 
Nous voici  faisant bonne chère
Quand je sais là, dehors, ma pauvrette famille :
Mes épouses, mes fils, mes neveux et mes filles,
Mes oncles et mes tantes que ronge la disette, 
Toute ma parentèle tant nue que maigrelette. 
Allons-nous les laisser jeûner jusqu’au matin ?  »
« Certes non ! »  répliqua, prodigue, le matin,
Qui se leva, ouvrit, et devant qui passèrent
Quarante et un chacals parmi les moins sincères.
Sans tarder cliquetèrent les prestes mandibules 
Des grands et des menus, même des minuscules.
Ils avaient tant de crocs, de rage et d’appétit,
Ils mangèrent si bien que petit à petit
Les vivres s’étrécirent comme peau de chagrin
Jusqu’à ce qu’à la fin il n’en restât plus rien. 
Ce que voyant, l’ingrat bondit :
« Ah ça, compère, je vous prédis
Que, si point ne nous nourrissez
Et tout affamés nous laissez tandis que vous allez repu,
La trêve entre nous est rompue !»
Ayant alors, quoi qu’il eût dit,
Retrouvé forces et furie,
Il se jeta sur son mécène, 
Et en une attaque soudaine 
il lui récura la toison, 
Aidé de toute sa maison. 
Puis, le voyant à demi-mort,
De chez lui il le bouta hors. 
Et  l’infortuné crie encore 
«La peste soit de mon cœur d’or ! » 
Retenez la leçon, peuples trop accueillants  : 
À la gent  famélique, point ne devez promettre.
Ces êtres arriérés, assassins et  pillards 
Marchent en rangs serrés sous le vert étendard.
Vous en invitez un, l’emplissez d’ortolans, 
Et c’est jusqu’à vos clefs qu’il vous faut lui remettre.  
Jean de LA  FONTAINE 1671  

CELA NE DATE PAS D’HIER… ET POURTANT ON DIRAIT QUE C’EST D’AUJOURD’HUI !!  
Pierre-André  CHAPELLE
Vivement qu’on renverse ces « élites » qui nous exploitent et tyrannisent !

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