A « M. L., ministre du Vent et des Ombres »
Monsieur,
Il est des hommes que le pouvoir façonne comme la mer sculpte les galets : ronds, polis, dociles aux marées qui les roulent. Vous êtes de ceux-là. On dit que vous fûtes jadis d’une autre rive ; mais les fleuves, lorsqu’ils craignent l’orage, se précipitent volontiers vers l’océan le plus fort, et vous avez suivi le courant jusqu’au rivage de ce nouveau Maître. Vous voilà donc, messager zélé, portant la parole d’autrui comme un écho docile porte la voix qui le crée. Vous voilà, ENFIN !, à la tête du destin de NOTRE France.
Et voici qu’aujourd’hui, dans les corridors de la République, vous troquez la loi contre le vent, la conviction contre les moulins, offrant aux prophètes verts quelques signatures brillantes en échange de leur silence approbateur. Derrière ces promesses scintillent trois cents milliards d’or public, que l’on répandra comme de la cendre sur les toits et les campagnes, pour que le pays, grelotant sous l’électricité dont le prix va doubler, paie la dîme de vos songes mécaniques. Alors qu’ils n’auront pas assez d’énergie pour exister !
Pendant ce temps, les hommes simples, les artisans qui pétrissent la pâte du matin, voient déjà se lever l’aube froide des fermetures annoncées. Car lorsqu’un ministre pactise avec les mirages, ce sont toujours les vivants qui paient le prix du rêve.
Et, malheur pour les Gueux : vous avez à arbitrer un dilemme : vacciner, ou abattre la dernière branche de ce qui fut Notre Gloire, Notre superbe branche de richesse. NOTRE Sécurité alimentaire. La seule qui nous restait… Méfiez-vous, l’orage se cache derrière cette dernière péripétie ! Relisez l’épisode de la Fronde (1648-1653)…
Monsieur, gardez vos vents et vos machines ; la France, Elle, réclame des hommes debout, non des ombres qui se plient aux courants dominants…
Quitterez vous le navire avant l’Iceberg?
Pierre-André CHAPELLE p.c.c. V HUGO
Spectateur attentif du déclin qui a trop gravement accéléré durant cette dernière décennie
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