Les nuages, vous les aviez vus. Les orages, vous aviez promis de les gérer. Mais piloter un pays n’est pas piloter un hashtag.
Sécurité floutée, impact esquivé, discours multipliés : même pas besoin de prétexte !, sans aucune retombée, énergie amputée, industrie désorientée. En fermant Fessenheim, c’est la physique qui vous a répondu, pas l’opinion.
Entre dépendances stratégiques et contradictions électriques, l’improvisation devient système et le « en même temps »… mode survie, mais sans production pour l’alimenter.
Acte 2 : le réel sort du décor et devient facture. Et la facture, c’est toi, Toi Ami Lecteur qui la reçois. Dernier acte bientôt. Ne décroche pas.
LETTRE 2 : L’ERE DES ORAGES : décisions hors météo, IMPROVISATION, ET AVEUGLEMENT
Car oui, tout semblait possible, tant que rien n’était confronté au réel.
Dans ce monde nouveau que vous promettiez, l’État était un logiciel à mettre à jour. Le pays, une start-up à optimiser. La politique, un puzzle géant. La population, une assemblée d’investisseurs à convaincre.
Mais gouverner un pays n’est pas lever des fonds. C’est choisir, trancher, prévoir, mesurer, impacter, contraindre parfois, assumer toujours. C’est affronter les forces invisibles et les forces contraires. C’est écrire la trajectoire quand le monde hurle autour.
La grande faiblesse fut là : dans cette incapacité originelle à sortir du storytelling pour entrer dans la trajectoire. Et contrer le Brain washing ?
Après la fanfare, les bourrasques. Les vraies. Celles qui décoiffent les certitudes et révèlent les charpentes mal fixées.
La sécurité d’abord : ce domaine où l’on ne pardonne pas le flou. Vous aviez juré la maîtrise, la “fermeté intelligente”, la “technologie au secours de la tranquillité”. On eut surtout l’intelligence artificielle… du slogan.
Car les sujets sérieux réclament autre chose qu’un bon CRM électoral. Ils demandent des diagnostics, des chaînes de causes, du terrain, de la donnée brute, et surtout : de la lucidité. Or, vous avez préféré l’optique douce au microscope tranchant.
Puis l’énergie, votre grand numéro d’équilibriste. Fermeture de Fessenheim, symbole émotionnel d’un geste politique destiné aux tribunes écologisées, mais cauchemar arithmétique d’une politique industrielle non compensée. La conséquence fut immédiate : raréfaction, envolée des prix, cascade d’effets, ricochets économiques, industries inquiètes, puis hésitantes, puis fuyantes.
🧩 Dépendance géopolitique — Bingo perdant
Pour combler le manque, vous ressortez la vieille boîte d’allumettes du pays : centrales à charbon, éoliennes importées, panneaux solaires sous perfusion de fournisseurs stratégiques dont on préfère ne pas lire la carte mentale ni géopolitique. Et les (menaces de) pannes… Ou pire : l’importation d’électricité, la Honte !
Entre temps, vos propres ministres jouaient au “en même temps” stratégique, mais version puzzle sans le couvercle explicatif :
↳ on encourage pompes à chaleur + voitures électriques
↳ tout en fragilisant la production d’électricité qui doit les alimenter.
Ce n’est plus un paradoxe : c’est un sketch de consommation sans production, scénarisé en période de disette ! Comble du comble d’une ineptie imprévisible.
On vous rappelle pourtant que les composants de batteries viendront de pays que l’on défie frontalement dans les discours officiels ? Vous répondez… relance de filière !
Soit. Mais avec quelle matière première stable ?
Ah, miracle soudain : découverte de lithium en Limousin — la bonne nouvelle qui tombe comme un parachute dans un avion sans moteurs. Mais que de temps perdu à le chercher avec les yeux serrés, quand il suffisait d’ouvrir un atlas minier.
Vous n’aviez pas besoin d’être sorti des gradins de l’ENA, mais juste d’ouvrir un dossier complet avant de fermer les centrales…
Las, tout fut storytelling avant d’être planning. Tout devint catastrophe.
Pierre-André CHAPELLE
Promesses en version bêta, conséquences en prod…
Ami Lecteur, reviens demain. Car la suite ne prévient pas avant de frapper.
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