Tribune citoyenne pour la souveraineté, l’indépendance et la lucidité Bienvenue sur ce site de réflexions libres et engagées. Ici, je prends la plume non par nostalgie, mais par devoir : celui d’un citoyen français inquiet de voir son pays perdre pied dans un monde où l’indépendance devient rare, et la vérité souvent étouffée.

Ou comment un enthousiasme historique a débouché sur un vertige national.
Trois lettres. Trois actes. Une trajectoire racontée sans filtre : l’ivresse (2017), les orages (2020-2024), puis les fissures (vers 2027).
Ce n’est pas un procès : c’est l’autopsie d’un récit politique qui a trop aimé sa propre mise en scène, au point d’oublier l’étude d’impact, l’arithmétique énergétique, et la cartographie de l’insécurité.
Lecteur, si tu es entré par curiosité, tu resteras peut-être par indignation, ironie… ou fascination pour les masques qui tombent.
Commence ici. Reviens demain. Car la suite ne prévient pas avant de frapper.

Lettre 1 — 2017 : L’ivresse du possible              

Monsieur le Président, votre élection de 2017 fut un raz-de-marée. Vous aviez alors une légitimité historique, un pouvoir total d’action. Même impopulaires, vos réformes pouvaient s’imposer : réduction du nombre de fonctionnaires, stratégie financière plus sobre, libération des lourdeurs administratives — un programme audacieux que le pays, à l’époque, était prêt à entendre.

Mais cette fenêtre semblait tenir davantage du mirage que d’un plan bâti. Vous pouviez changer l’État. On attendait un architecte. Nous avons eu un illusionniste.

Comme tout raz-de-marée, il emporta avec lui les résistances. Les digues furent submergées sans même combattre. On vous aurait, en Espagne, non pas applaudi, mais sacré comme un torero : oreilles et queue du taureau offertes, symbole de triomphe absolu, permission tacite de réformer jusqu’au squelette du pays sans risquer la bronca. La foule vous donnait alors un crédit politique en illimité.

Vous pouviez, à ce moment précis, tout transformer. L’État profond, l’administration immobile, la forteresse fonctionnarisée sortie en grande partie de ENA, aurait pu être ébranlée, repensée, re-sculptée.

Le paradoxe ? Vous aviez le marteau, l’enclume, et la forge… Mais pas les plans. Pas d’architecte. Pas de vision structurante. Pas de calculs froids derrière l’étincelle des annonces. L’histoire exigeait un bâtisseur. Le pays espérait un stratège. L’époque appelait un ingénieur de l’État.

À la place, nous eûmes un metteur en scène.

Vous parliez réformes, mais vous pensiez récit. Vous invoquiez la transformation, mais vous livriez surtout l’esthétique du changement : un emballage étincelant, parfois brillant, souvent séduisant, mais dont la notice intérieure restait vierge.

On se souvient de l’annonce d’une réduction massive du nombre de fonctionnaires, serpent de mer sacré du courage réformiste. Idée bénie par les marchés potentiels, caressée par les agences de notation, rêvée par les excédés de la paperasserie quotidienne. Mais cette réforme-là, la vraie, la lourde, la systémique, celle qui demandait plus que des envolées verbales : elle ne vint jamais.

Vous aviez aussi le boulevard pour restructurer le pays industriel, la balance commerciale, la dépense publique, l’efficacité administrative, la sécurité anticipée. Vous pouviez agir avant les tempêtes. Vous pouviez faire mentir les prédictions cyniques. Vous pouviez inscrire votre septennat dans le granit avant qu’il ne se dissolve dans le sable.

Pierre-André CHAPELLE

REVIENS DEMAIN :Ce sera encore plus intéressant…

Laisser un commentaire