Tribune citoyenne pour la souveraineté, l’indépendance et la lucidité Bienvenue sur ce site de réflexions libres et engagées. Ici, je prends la plume non par nostalgie, mais par devoir : celui d’un citoyen français inquiet de voir son pays perdre pied dans un monde où l’indépendance devient rare, et la vérité souvent étouffée.

Il y a dix ans, l’on nous présentait Emmanuel Macron comme une incarnation moderne du génie visionnaire, un être supérieur trônant quelque part entre le mont Olympe et un plateau de télévision, pour éclairer le vulgaire.  On devait presque se sentir honorés d’être gouvernés par un esprit si illuminé ; certains en versaient même dans une ferveur proche du pèlerinage.

Hélas, les années ont passé, et les dorures se sont écaillées. Sous le vernis jupitérien apparaît surtout un goût prononcé pour la dramaturgie et un talent certain pour s’installer au centre des projecteurs lorsque l’atmosphère devient lourde. Le pouvoir a ses habitudes, et l’habitude, chez certains, devient vite instinct.

Et donc, comme par enchantement — ou par nécessité — le Président entreprend de regagner les faveurs d’un peuple qui ne le regarde plus qu’avec une hausse de sourcil. Le moment est choisi avec le soin d’un joaillier : fin de règne, bilans empilés, dette monumentale — bref, l’heure où l’on redécouvre les vertus d’une mise en scène bien huilée.

Tout commence par une réunion “secrète”, dans la pièce d’où rien ne doit filtrer. La discrétion, ici, n’est pas une précaution : c’est un accessoire. Puis vient Arras, où le public — sélectionné avec la tendresse d’un jardinier taillant un bonsaï — a eu l’insigne liberté de poser la question exactement prévue à cet effet. Une liberté sous surveillance : la version politique du parapluie sous la pluie.

Pendant ce temps, deux chefs militaires tirent la sonnette d’alarme sur une possible guerre à l’Est, presque à l’unisson. Quel heureux alignement : un discours martial pour accompagner une dramaturgie présidentielle qui commençait justement à manquer de tension dramatique. On croirait à un orchestre.

Comme par une étrange coïncidence — l’histoire adore les clins d’œil — arrive ensuite la volonté de “protéger” les réseaux sociaux. Protéger qui de quoi ? La formulation reste floue. Mais l’intention, elle, a l’élégance d’une main qui s’approche d’un interrupteur : tamiser la lumière révélant la Vérité, c’est déjà façonner l’atmosphère. Mais il va falloir sélectionner les infos…

Puis survient la grande scène : l’arrivée de Zelensky. Poignées de main chaleureuses, complicités photogéniques ; Et surtout à sa sortie : une annonce prestigieuse de cent Rafale. Un contrat sans date, mais avec un effet immédiat : c’est toujours le ruban qu’on montre, pas la marchandise. Incidemment, cela authentifie la guerre à l’Est. Un hasard heureux ?

Pris séparément, chaque événement pourrait sembler banal. Ensemble, ils tissent une toile dont les fils brillent un peu trop pour être innocents.

Car la peur, on le sait, est un instrument d’une subtilité absolue. Elle obéit, elle discipline, elle simplifie le monde à la convenance de celui qui la manie. Et certains l’utilisent avec la douceur caressante d’un violoncelliste, tout en sachant qu’elle frappe, en réalité, comme le marteau sur une enclume. C’est un outil vieux comme le pouvoir !

Enfin, Arras : ce charmant détail où l’on découvre que les questions avaient été assignées. C’en est presque touchant : vouloir tant maîtriser la spontanéité qu’elle en devient un décor de théâtre. Le pouvoir adore les murs capitonnés : ils renvoient moins d’échos gênants. Le hasard fait bien les choses, mais le Pouvoir n’aime pas l’imprévu…

Ainsi se déroule le dernier acte : une féerie de demi-vérités, de gravités opportunes, d’urgences soudaines et de messages subtilement verrouillés.
Un ballet parfaitement chorégraphié où, derrière la musique, on devine la main qui bat la mesure. Ainsi se déroule, jour après jour, le grand théâtre politique : et juste ce qu’il faut d’innocence affichée pour que chacun puisse prétendre n’avoir rien vu. Surtout pas une censure de plomb…

Pierre-André  CHAPELLE

Quand on vous dit que chaque jour qui passe est un danger de plus avec ce président… Un petit retour de manivelle pour celui qui nous prend de haut : juste assez pour qu’il redescende.

Laisser un commentaire