Depuis près de cinquante ans, la France confie l’essentiel de son pouvoir politique et administratif à une même filière d’élites : celles issues de l’ENA et des grands corps de l’État. Les mêmes écoles, les mêmes parcours, les mêmes réseaux. Cette concentration devait garantir la stabilité. Elle a surtout produit une uniformité de pensée et une absence de remise en question.
Ce modèle a montré ses limites. Les responsables formés de manière identique appliquent donc souvent les mêmes méthodes, reproduisent les mêmes analyses, prennent les mêmes décisions, quelles qu’en soient les conséquences puisqu’ils n’ont aucune expérience d’une vie normale ou « pratique »! Les résultats sont visibles : recul industriel, dépendance stratégique, endettement croissant, dégradation progressive des services publics et perte de confiance du pays envers ceux qui le gouvernent.
Dans le même temps, les avantages attachés aux fonctions politiques et administratives sont restés élevés, alors même que les politiques menées n’ont pas permis d’inverser les tendances. D’autant qu’avec le temps, ces « élites » ont fini par aimer ce train de vie, ces avantages, qui ont modifié leur comportement : changeant le verbe « servir » en verbe transitif …Cette disproportion contribue au sentiment d’injustice : et à la rupture de plus en plus profonde entre dirigeants et citoyens.
Pourtant, la France dispose de toutes les ressources nécessaires pour se relever : des entrepreneurs, des ingénieurs, des agriculteurs, des chercheurs, des artisans, des soignants, des jeunes engagés… La faiblesse ne vient pas de la société française. Elle se situe dans la manière dont elle est dirigée.
Il est désormais indispensable d’ouvrir l’accès aux responsabilités publiques à des profils plus diversifiés, issus de parcours réels, d’expériences concrètes, de responsabilités exercées en dehors des services de l’Etat. Les décisions doivent être évaluées sur leurs résultats, et non sur le prestige ou la position de ceux qui les prennent. Le pouvoir doit redevenir un service, non un statut.
« Gouvernants » actuels, nous sommes pressés de vous voir partir : pour remettre enfin la France sur des rails efficaces.
Le temps presse. Plus le changement sera différé, plus son coût sera élevé. La France peut mieux. Elle mérite mieux. Il s’agit maintenant de l’affirmer clairement, et d’agir.
Pierre-André CHAPELLE
Ne nous exploitez plus, ne nous méprisez plus, partez vite…VITE ! MAINTENANT !
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