Les cérémonies étaient dignes, oui.
Dignes… et étouffées.
Comme si l’on avait mis un couvercle sur la douleur pour éviter qu’elle déborde.
Mais ce sont les discours qui ont mis le feu à ma colère.
Remercier le président algérien.
Parler d’« humanité ».
En ce jour-là, dans ce contexte ACTUEL.
C’est à n’y rien comprendre.
Il y avait dans ces mots une sorte d’aveuglement satisfait, un réflexe diplomatique qui sonne creux, presque insolent.
On eût dit qu’on distribuait des fleurs à la ronde, sans se soucier une seconde de l’Histoire récente, des tensions brûlantes, de la réalité que tout le monde voit — sauf ceux qui écrivent les discours.
Et les plaques COMéMORATIVES… parlons-en.
« Terrorisme ».
Ce mot passe-partout, vaguement commode, tellement large qu’il finit par ne plus rien dire.
À force de gommer, de lisser, de polir, on finit par effacer.
Un jour, tout cela ne sera plus qu’une brume administrative :
un truc terrible, vaguement terroriste, on ne sait plus trop qui, ni pourquoi.
Un brouillard mémoriel parfaitement involontaire — ou parfaitement utile ???
Je suis rageur, oui.
Parce que la France mérite des mots nets, pas des formulations tièdes.
Parce que l’on n’honore pas les morts avec des périphrases.
Parce qu’un pays qui n’ose plus nommer ce qui le frappe commence déjà à renoncer à ce qui le protège.
Je suis chroniqueur indépendant, passionné par l’Histoire.
Et je refuse que l’on recouvre la vérité d’un film opaque de prudence molle.
Pierre-André CHAPELLE
La mémoire n’a pas besoin qu’on la parfume.
Elle a besoin qu’on la regarde en face.
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