En ces temps de grande inquiétude, il est logique de rechercher dans le passé où se trouve le déclic, le premier signe de dérapage, de déclin…
La pandémie du Covid fut un révélateur impitoyable. On aurait pu y voir une occasion d’unir, de protéger, de rassembler autour de l’essentiel. Mais certains y ont vu un simple coup de billard politique : désigner un coupable, fabriquer un ennemi intérieur commun, flatter une clientèle électorale déjà acquise…
Ce n’était pas une stratégie, mais de la petite tactique. Pas une vision, juste une envie personnelle, un « J’ai envie d’emm… » jeté comme une insulte.
Résultat ? Une société déjà fatiguée, épuisée, s’est retrouvée encore plus divisée. Ceux qui voulaient juste tourner la page ont compris qu’ils n’étaient pas l’objet de sollicitude, mais les figurants d’une mise en scène électorale.
L’histoire politique récente est remplie de ces coups « politichiens » : « le Kärcher », « mon ennemi, c’est la finance »… Autant de slogans qui claquent mais ne tiennent pas face au réel. La pandémie n’a pas échappé à la règle : la communication a remplacé la conviction, la petite phrase a remplacé la pensée, l’électeur a servi de marchepied plutôt que de partenaire.
Les grands de notre histoire, eux, savaient que le pouvoir se garde non par le mépris, mais par la capacité à s’entourer d’esprits plus grands que soi. Ici, au contraire, les conseillers sélectionnés pour l’entourage sont serviles : ils applaudissent les mauvais coups, justifient l’injustifiable, et transforment chaque erreur en « buzz ». Ils ne savent même pas qu’un peuple n’est pas une audience, une nation n’est pas un plateau télé.
Merci donc à cette séquence : elle aura servi de démonstration. Petite politique, petit joueur. Le virus, lui, aura été moins dangereux pour nos corps que ces réflexes toxiques pour notre démocratie.
Pierre-André CHAPELLE
La pandémie aurait pu être un moment d’unité. On en a fait un terrain de jeu politicien.
Plutôt que rassembler, on a divisé. Plutôt qu’écouter, on a insulté.
Le virus, luii, est passé. Mais le poison du cynisme, la petite phrase et le calcul électoral ? Eux, ils continuent de ronger la démocratie.
Laisser un commentaire