Pas de Munich 2024 !
J’entends, même dans la bouche de politologues éminents, qu’il n’est pas pertinent de comparer la situation actuelle en Europe à celle des années 1930. Je pense le contraire. Les ressemblances sont frappantes. Un autocrate, à la tête d’une armée puissante, prend prétexte de la défense de minorités nationales soi-disant opprimées, pour envahir ses voisins. Les démocraties, aux majorités populaires pacifistes, se découvrent désarmées et enclines d’abord à se ménager les bonnes grâces de l’agresseur. Des minorités importantes, à gauche comme à droite de l’échiquier politique, trouvent bien des excuses à l’envahisseur quand elles ne le soutiennent pas ouvertement. Vrai en 1936/1938 comme en 2022/2024. D’un côté un dictateur qui fait taire toute opposition interne, de l’autre des démocraties soucieuses de ne pas bousculer leurs opinions et, en proie par ailleurs à des soucis domestiques : emprise communiste grandissante avant 1939, immigration musulmane maintenant.
Ce qui est différent c’est le souvenir des suites cuisantes des abandons de Munich 1938 qui, bien timidement d’abord, conduit l’Europe, heureusement soutenue puissamment par les Etats-Unis jusqu’à maintenant, à aider la victime ; alors qu’en 1938 France et Royaume uni l’ont abandonnée. Mais ce réveil est bien tardif. Nous venons de perdre deux ans. Il a fallu tout ce temps, malgré l’invasion de l’Ukraine, pour se rendre compte qu’aucun pays européen n’avait une armée capable de mener une guerre de cette nature. Pour nous Français, les « dividendes de la paix » nous ont amenés là. Nous sommes passés d’une armée de terre de trois corps d’armée de 12 divisions à… une ambition de 1 division à 2 brigades… pour 2027. Et on voudrait que la voix de la France pèse dans le monde ! Et M. Macron pense impressionner l’ours russe avec ça ! On a oublié que seuls les grands costauds sont écoutés.
C’est la Russie qui s’est désignée comme notre adversaire.
Il faut ouvrir les yeux. C’est la Russie qui s’est désignée comme notre adversaire ; pas l’inverse. Si nous ne voulons pas voir se répéter l’histoire, il faut faire tout ce qui est possible pour que l’Ukraine ne s’effondre pas. L’Iran, la Chine et la Corée du Nord, vraies dictatures, ne se gênent pas, elles, pour aider la Russie dont elles sont des alliées de fait. Profitons du répit offert pour nous réarmer ; vite ; nous Français et tous les pays européens. Ne comptons pas trop sur notre force de frappe nucléaire. Elle ne sert qu’à dissuader un adversaire potentiel d’une frappe nucléaire en premier. C’est beaucoup, mais c’est tout. A elle seule elle n’empêchera pas une agression. Dans le passé, des états « dotés » ont été agressés par des états non « dotés » : guerre de Corée, guerre des Malouines. Seule une armée « classique » puissante, peut dissuader l’agression. Il faut une dissuasion classique en plus de la dissuasion nucléaire. L’Europe a les moyens d’une alliance hors OTAN, nécessaire pour l’avenir ; surtout compte tenu des incertitudes américaines. Mais pour les temps présents il faut se cramponner à l’alliance atlantique parce qu’il n’y a pas d’alternative. J’entends beaucoup de commentaires anti américains ; par les mêmes qui encensent ou absolvent M. Poutine. L’Amérique est pleine de défauts ; comme nous. Elle reste une démocratie. C’est vers l’Europe et vers elle que tous les miséreux et les opprimés du monde se tournent ; pas vers la Russie. Ne nous trompons pas de camp ; M. Macron régnant ou pas.
Nous avons en face de nous quelqu’un ayant prouvé qu’il était capable du pire. Si la Russie se sentait menacée par l’Ukraine, pourquoi l’Europe ne se sentirait-elle pas menacée par la Russie ? C’est moins absurde. Etant dans l’incapacité d’assurer seuls notre défense, la seule alliance capable de faire face avec toute la gamme de réponses adaptées reste l’Alliance atlantique. Malgré leur mercantilisme, leurs volte face, leur inculture, leur wokisme et tout le reste, je préfère avoir pour allié les Etats-Unis de Biden que la Russie de Poutine
Général (2S) R. DUBOIS.
que nous remercions très sincèrement pour cette analyse pratique (et basée sur l’expérience!) d’un cas concret, actuel et particulièrement dramatique…
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