Tribune citoyenne pour la souveraineté, l’indépendance et la lucidité Bienvenue sur ce site de réflexions libres et engagées. Ici, je prends la plume non par nostalgie, mais par devoir : celui d’un citoyen français inquiet de voir son pays perdre pied dans un monde où l’indépendance devient rare, et la vérité souvent étouffée.

Cette guerre n’est pas notre guerre. Personne ne veut mourir pour Kiev. Ce n’est pas encore notre guerre ; espérons qu’elle ne le sera jamais. Si l’agresseur l’emporte, est-on sûr, qu’après avoir repris son souffle, il en restera là ? La meilleure façon de s’en prémunir est de se préparer à la guerre. L’histoire des hommes, c’est l’histoire des guerres. L’adage romain « si vis pacem para bellum » restera toujours vrai, même si presque 80 ans de paix relative (grâce à l’OTAN pour l’essentiel) ont pu nous habituer à un continent sans grande violence et favoriser notre insouciance. M. Macron, qui vient de perdre deux ans qui auraient été utiles pour relancer notre industrie d’armement et muscler notre armée, parle inconsidérément d’engager des troupes françaises en oubliant que nous sommes nus. Quant au slogan « mourir pour Kiev ?», il rappelle évidemment « mourir pour Dantzig ? » né, en 1938, sous la plume de Joseph Darnand, de la droite patriote, qui fut ensuite un des plus ardents collaborateurs des nazis. Nous ne sommes alors morts ni pour Dantzig, ni lors de la réoccupation de la Rhénanie par Hitler, ni pour la Tchécoslovaquie. Les Français ont applaudi M. Daladier qui venait de céder au dictateur à Munich. Deux ans plus tard nous mourions pour Sedan, pour Dunkerque, dans les maquis et dans les camps de concentration. On peut être patriote à courte vue. Notre souci de sécurité ne commence pas sur le Rhin.

Il faut comprendre la Russie qui veut une zone d’influence, un glacis protecteur. Cet argument, à la rigueur entendable pour un petit pays qui n’a pas de profondeur stratégique, est inaudible quand il s’agit du plus grand pays du monde. Le souvenir de l’empire passé, qui faisait litière des libertés de ses voisins, hante sans doute M. Poutine. Mais pourquoi la communauté internationale devrait-elle y consentir et excuser par avance toute brutalité envers des pays qui auraient le mauvais goût de s’y opposer ? C’est d’autant plus suspect, inquiétant, quand on a présent à l’esprit que M. Poutine fait connaître que la Russie n’a pas de frontières, et s’arrête là où il y a des Russes, terme censé englober tous les russophones ; et sans doute les « frères » slaves. Ce prétexte commode a déjà servi pour justifier l’invasion de l’Ukraine, présentée comme un secours normal aux Russes persécutés. Va-t-il être invoqué demain pour la Géorgie, la Moldavie, et les Pays Baltes ? Là encore, comment ne pas faire un parallèle avec les années 1930 où ce prétexte a tant servi les ambitions nazies ?

Pour la Russie, l’Ukraine est comme notre Alsace-Lorraine : c’est une comparaison qui n’a pas de sens. Cette province française n’a jamais constitué dans les siècles passés un état indépendant reconnu par ses voisins. Et, ni en 1918, ni en 1944, nous n’avons été reçus à coup de canon par ses habitants.

Général R. DUBOIS (2S)

A SUIVRE…

Laisser un commentaire