Tribune citoyenne pour la souveraineté, l’indépendance et la lucidité Bienvenue sur ce site de réflexions libres et engagées. Ici, je prends la plume non par nostalgie, mais par devoir : celui d’un citoyen français inquiet de voir son pays perdre pied dans un monde où l’indépendance devient rare, et la vérité souvent étouffée.

L’Ukraine ne peut pas gagner la guerre. Armer l’Ukraine c’est prolonger le conflit et augmenter le nombre de victimes et de destructions. C’est le reproche le plus indécent qui puisse être fait. On regrette donc que l’agressé ne se laisse pas faire pour limiter, chez lui, le nombre de victimes et de destructions infligées par l’agresseur. Sans doute dans l’espoir que l’ogre repu ne recherchera pas autour de lui d’autres victimes. Faut-il encourager les Ukrainiens à céder parce qu’on a peur ? Personne n’imagine que gagner la guerre pour l’Ukraine signifierait que ses troupes iront défiler sur la Place Rouge. Par contre, qu’elle ait l’espoir de rejeter un jour l’ennemi sur sa frontière est légitime ; et dépend en grande part de l’aide occidentale. En tous cas, c’est à l’Ukraine de décider. Un pays attaqué a le droit, le devoir de se défendre. Ce n’est pas à nous de décider de la somme de souffrances qu’il peut endurer pour cela. Qu’aurions-nous pensé si en 1940 on nous avait dit que résister aux nazis était une idée folle car elle engendrait tant de victimes et de destructions sur notre sol ?

Il faut localiser le conflit. Localiser un conflit c’est toujours abandonner la victime à son sort. Nous l’avons fait en 1938 en abandonnant la Tchécoslovaquie. En entérinant le fait accompli on se condamne à avoir la guerre quand même.

L’Occident, les Américains en tête, est responsable de la situation actuelle. La Russie a envahi l’Ukraine qui ne la menaçait pas. La seule comparaison des populations, des PIB, des forces en présence (pour ne pas parler des armes nucléaires) suffit à le prouver. Prétendre le contraire est grotesque. L’incendiaire Poutine a mis le feu à l’Europe. Aux historiens du futur de discourir pour savoir si des circonstances atténuantes peuvent lui être accordées. En attendant, ne renversons pas les rôles.

Cette guerre profite surtout économiquement aux Etats-Unis. C’est probablement exact, comme lors des deux conflits mondiaux du 20e siècle, mais ça n’en fait pas plus des fauteurs de cette guerre-là que des précédentes (de ce point de vue les européens se débrouillent très bien tout seuls). Continuer à importer les gaz et pétrole russes aurait été alimenter la machine de guerre de M. Poutine et il fallait donc y suppléer

en faisant appel à d’autres fournisseurs, dont les USA. Par ailleurs, faute d’une industrie européenne suffisamment puissante, ils sont le principal fournisseur d’armement. Pour l’Ukraine, dès le début, mais aussi pour nombre d’états européens qui, après deux ans de conflit, s’alarment enfin et cherchent à renforcer leur défense dans l’urgence. La Pologne se tourne vers les Etats-Unis et la Corée du Sud qui sont actuellement les seuls pays industriels capables de fournir de l’armement dans des délais raisonnables. On peut regretter que les acquéreurs ne se tournent pas davantage vers l’industrie européenne, française en particulier. Mais, après plus de 30 ans de rêves angéliques sur une paix durable en Europe, les industries d’armement y sont si réduites que nous sommes même incapables de produire des munitions à une cadence adaptée à un conflit de haute intensité. Il y a plus de 20 ans que la France n’a pas construit un char. Dassault a produit 13 Rafales en 2023 ; de quoi combler, en une année, les pertes de quelques jours de guerre. Les outils industriels redémarrent, mais combien de temps faudra-t-il pour passer en économie de guerre ? Les pays qui sont sur la « ligne de front » n’ont pas cette patience, et on peut les comprendre

A SUIVRE…

Général R. DUBOIS (2S)

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