…Notre aide en matériels militaires à l’Ukraine fait de nous des cobelligérants de fait. Tout dépend du sens que l’on donne à ce terme. Tant qu’il n’y a pas d’affrontements armés avec la Russie, nous ne sommes en tous cas pas belligérants. C’est une attitude, ambiguë certes, mais déjà rencontrée assez fréquemment dans le passé. La France a livré des armes à la Chine en guerre contre le Japon à la fin des années 30, les Etats-Unis ont aidé les alliés dès 1939, l’URSS et la Chine ont avec constance armé et aidé tous les régimes communistes de la planète ; et aussi nos adversaires dans nos colonies et en Algérie. Plus récemment, les milices Wagner agissent, contre nous, en Afrique.
L’Ukraine est un pays corrompu et toujours infiltré de nazis qu’il faut éradiquer. Il y a à peine plus de 30 ans toutes les nations de l’ex-URSS sortaient du même moule. Alors, qu’il reste des traces des tares du système communiste partout n’est pas surprenant. Mais les Russes sont mal placés pour faire ces reproches. Tous leurs dirigeants, y compris M. Poutine, font partie des nantis richissimes du système (même le patriarche de l’église orthodoxe russe), et leur président ne se prête plus qu’à un simulacre d’élection, sans opposants réels, tous récusés, emprisonnés, quand ils ne sont pas assassinés. On peut être emprisonné pour longtemps pour « extrémisme » (cas Navalny), mais aussi pour critique de l’armée, de l’ » opération spéciale », pour avoir écrit un poème déplaisant au pouvoir. La jeunesse est embrigadée dès le plus jeune âge comme jadis les jeunesses hitlérienne ou communiste. Il n’y a plus d’opposition si ce n’est en exil. Quant à l’accusation d’anciens ferments nazis qui refleuriraient en Ukraine, rappelons que l’armée allemande a compté dans ses rangs deux divisions de Cosaques russes et plus de 600.000 russes (armée Vlassov) qui n’étaient pas majoritairement ukrainiens. Cette empreinte, très marginale 80 ans plus tard, est la même en Russie. En face, une démocratie à l’occidentale est en construction. Les progrès sont réels et on peut espérer qu’ils se poursuivront ne serait-ce que parce que
c’est une condition sine qua non pour que l’Ukraine, qui en a fait la demande, puisse espérer être un jour accueillie dans l’UE.
Les régions annexées par la Russie ont auparavant fait l’objet d’un référendum dont les résultats étaient favorables. Référendums qui se sont déroulés une fois que les populations hostiles au rattachement avaient fui, et dans des conditions dignes des temps soviétiques, sans contrôle sinon celui des autorités nouvelles qui ont annoncé les résultats attendus…
Général R. DUBOIS (2S)
A SUIVRE…
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