Tribune citoyenne pour la souveraineté, l’indépendance et la lucidité Bienvenue sur ce site de réflexions libres et engagées. Ici, je prends la plume non par nostalgie, mais par devoir : celui d’un citoyen français inquiet de voir son pays perdre pied dans un monde où l’indépendance devient rare, et la vérité souvent étouffée.

Quelle est la doxa pro-russe ?

La Russie est encerclée par l’OTAN : faux ; il suffit de regarder une carte. Le plus grand pays du monde a sa façade sud bordée de pays neutres à son égard ou alliés de fait (Chine, Corée du Nord, Iran).

L’OTAN n’a pas tenu la promesse faite en 1991 de ne pas s’étendre vers l’est. Aucune preuve ne peut être apportée. Même M. Gorbatchev a reconnu qu’il n’y avait eu aucun accord de cette nature. La dissolution de l’URSS, précédée de la chute du mur de Berlin, n’a pas résulté d’une transaction entre les despotes déchus et l’Occident qui n’en aurait ensuite pas respecté les clauses. L’URSS s’est effondrée de l’intérieur. A la fin de cette » guerre », gagnée par l’OTAN sans tirer un coup de fusil, personne ne pensait à faire ami-ami avec les nouveaux Russes, soviets à peine convertis de la veille.

L’OTAN aurait dû être dissoute en 1991. Au contraire, elle a agrégé les pays de l’est européen, s’est montrée provocatrice et agressive. Qui peut croire qu’on pouvait accorder une confiance immédiate aux nouveaux Russes qui nous menaçaient depuis 45 ans ? L’OTAN est une alliance défensive. De quel droit rejeter ces pays apeurés, qui sortaient de presque un demi-siècle de cauchemar soviétique donc russe ? Depuis quand un état indépendant n’est-il pas libre de ses alliances ? L’actualité prouve que ce n’était pas inutile. On est même en droit de se poser la question de savoir si une Ukraine dans l’OTAN aurait été agressée. Probablement pas.

Les Russes n’ont fait que secourir les russophones de l’est ukrainien maltraités par le pouvoir central et bombardés par lui ; et de rappeler les 14.000 morts dans les zones contestée entre 2004 et 2014 ; en oubliant que ce bilan concernait les deux camps hostiles, et qu’être russophone ne veut pas systématiquement dire que l’on souhaite le rattachement à la Russie. C’est le prétexte souvent avancé par les dictateurs pour justifier l’agression de leurs voisins. Hitler l’a fait à plusieurs reprises dans les années 30. Poutine le fera peut-être à nouveau dans le futur vis-à-vis de la Géorgie, de la Moldavie, voire des pays baltes, qui comportent d’importantes minorités russophones.

Si l’Ukraine est devenue antirusse c’est en raison du rôle de la CIA dans la révolte de Maidan en 2014 qui a entrainé la chute du gouvernement pro russe légalement élu. Les USA sont donc responsable de toute la suite des événements. Faux. En fait, fin 2013, le président d’alors, Viktor Ianoukovytch, pro russe, décide d’annuler l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE, accord pourtant approuvé à une écrasante majorité par le parlement ukrainien, et de se tourner vers la Russie. C’est ce qui a déclenché les émeutes et la destitution du président par le parlement. Destitution légale mais contestée par la Russie qui considère qu’il s’agit d’un coup d’état dirigé contre elle. Elle réagit par l’invasion de la Crimée, et le soutien militaire aux insurgés de l’est ukrainien, en engageant des unités sans signes distinctifs et les milices Wagner. Dans les situations troublées, les services secrets ne sont jamais loin. Si la CIA y a joué un rôle elle n’était pas seule ; le FSB russe aussi était là. Peut-on imaginer que la majorité des Ukrainiens eux-mêmes étaient pour quelque chose dans ces événements, sans penser qu’ils ont été « forcés » par les USA ? Comme maintenant certains disent que les USA les forcent à se battre contre les envahisseurs ?

Les USA veulent détruire la Russie, et depuis 2014 arment l’Ukraine. Probablement faux pour la première affirmation et en partie vrai pour la seconde. Le grand souci des USA pour l’avenir est la Chine ; pas la Russie qui a un PIB dix fois inférieur au leur et ne compte comme grande puissance que par son arsenal nucléaire. Tout ce qui est accordé à l’Ukraine est soustrait à leur effort de compétition asiatique. Ils s’en passeraient sans doute volontiers si les Européens étaient en capacité de prendre le relais ; ce qu’il faudra peut-être faire si M. Trump arrive au pouvoir. Avec les Britanniques, ils ont aidé l’Ukraine dès 2014. Qui peut reprocher à l’Ukraine d’avoir cherché à renforcer sa défense après ce qui venait d’être déclenché contre elle ? Qui peut reprocher à ses fournisseurs de l’aider (soutien logistique, formateurs…) ? N’est-ce pas ce que tous les exportateurs d’armement ont toujours fait, y compris les Soviétiques, puis les Russes ?

Les accords de Minsk n’ont été respectés ni par les Ukrainiens, ni par l’Occident. Ces accords de septembre 2014, bien compliqués quoique imprécis, n’ont pas eu le résultat escompté. Sans doute les Ukrainiens n’étaient-ils pas ravis d’appliquer un traité qui limitait leur souveraineté sur des régions entières de leur pays (autonomie dans les oblasts de Donetsk et de Lougansk), et ne faisait même pas mention de la Crimée envahie et déjà annexée par la Russie. Ils avaient de quoi être méfiants. Mais surtout, aucun retrait des forces étrangères (donc russes), et des armes lourdes, dont celles de la Russie, n’a jamais eu lieu.

Général R. DUBOIS (2S)

A SUIVRE …

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