Un ami m’a quitté. Non pas en amertume, mais en conscience.
Notre dernier échange a été sans appel. Ses mots résonnent comme une alerte — une alarme que beaucoup refusent encore d’entendre :
« Rester en France, c’est aujourd’hui accepter de supporter une fiscalité écrasante, une complexité administrative kafkaïenne, et une sensation d’abandon croissante. Ce que l’on reçoit en retour ? Un service public qui se délite, une sécurité fragilisée, une école en crise, un hôpital à genoux. Etc, etc…
Même le pacte républicain — celui fondé sur la Liberté, l’Égalité, la Fraternité — semble rompu. Ce contrat moral, cette promesse de sens, n’existe plus. »
Ce constat, aussi dur soit-il, n’est pas isolé. Depuis des années, un nombre croissant de Français expriment la même fatigue, le même désenchantement. Ils ont le sentiment que leur contribution — financière, civique, culturelle — est méprisée, que leur loyauté n’est ni reconnue ni honorée.
« Le mépris des élites n’est même plus dissimulé. Il est assumé. Ceux qu’on appelait autrefois le peuple sont devenus, dans les discours assumés du pouvoir, des ‘sans-dents’, des ‘gaulois réfractaires’, des citoyens de seconde zone. »
Alors il a pris une décision : partir. Et s’en excuse presque !:
« Ce n’est pas un exil. C’est un choix de dignité. Je refuse de continuer à financer un système qui me trahit. Même à mon niveau modeste, chaque euro versé à un État qui ne me protège plus me pèse. Je me sentais devenir complice d’un déclin organisé. Et je ne le veux pas»
Il s’est installé au Maroc, où plus de 30 000 Français ont déjà fait ce choix. D’autres s’en vont vers l’Espagne, le Portugal, l’Italie du sud… Là où le niveau de prélèvement est raisonnable, où l’on vit en paix, où l’on sent encore le respect de l’individu.
« Ce n’est pas une fuite. C’est une hémorragie. Une Bérézina silencieuse. Pendant ce temps, nos dirigeants s’illusionnent : ils parlent de « start-up nation », d’attractivité, d’innovations, de rayonnement. Voire d’ « investissement » ! Mais qui peut croire qu’un pays méprisant ses propres citoyens attire les talents du monde ? »
Et enfin, il conclut :
« Peut-être que je me trompe. Peut-être que je pars trop tôt. Mais si la France a décidé de sombrer, je refuse de sombrer avec elle. »
Cette lettre n’est pas un règlement de comptes. C’est un signal.
La France ne manque pas de ressources, ni d’intelligence, ni de générosité. Mais elle manque aujourd’hui d’écoute, de reconnaissance, de clarté dans le projet commun.
Ceux qui partent ne fuient pas la République : ils fuient l’oubli de ce qu’elle devait être.
À ceux qui restent, il ne faut ni reprocher le courage, ni l’espoir. Mais il faut entendre ce cri.
Avant qu’il ne soit trop tard.
Pierre-André CHAPELLE
Un français comme tant d’autres, qui a beaucoup œuvré pour l’améliorer à son simple niveau… Bonjour Tristesse…
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