Tribune citoyenne pour la souveraineté, l’indépendance et la lucidité Bienvenue sur ce site de réflexions libres et engagées. Ici, je prends la plume non par nostalgie, mais par devoir : celui d’un citoyen français inquiet de voir son pays perdre pied dans un monde où l’indépendance devient rare, et la vérité souvent étouffée.

Tous nos plus sincères remerciements au Général R. DUBOIS qui nous propose son analyse personnelle du conflit actuel « Europe-Ukraine-Russie »… (en plusieurs chapitres)

* * *

L’illusion démocratique russe.

Longtemps j’ai été favorable à un rapprochement avec la Russie, pourtant fraiche héritière de l’URSS. Ce pays n’avait pas connu la démocratie dans toute son histoire, n’ayant quitté les Tsars que pour se jeter dans les pattes des communistes. Mais la Russie, affaiblie à la fin de la guerre froide, ne semblait plus présenter une menace sur notre continent, et on pouvait discerner quelques inflexions démocratiques dans les années 1991-2000 ; même si le CV de son dernier chef, ancien officier du KGB, laissait planer quelques doutes sur sa sincérité. En outre, la géographie fait de la Russie un voisin pour toujours et une entente imparfaite est préférable à un affrontement. On pouvait avoir un regard indulgent pour son chef énergique, et même être un peu envieux des Russes. Pensant d’abord aux siens, soucieux de préserver la culture russe, résistant à la perversité « woke » et à la folie migratoire, il semblait, à certains égards, présenter des qualités que l’on cherchait vainement chez nos présidents successifs, M. Macron étant une synthèse aboutie de tous. Et que nous importait les aspects autocratiques de son exercice du pouvoir si cela convenait aux Russes ; et si cela ne s’imposait pas aux autres. J’ai même naïvement fait quelques commentaires « indulgents » lors de la mainmise russe sur la Crimée et une partie du Donbass. Je n’étais pas seul dans ce cas ; tout l’Occident n’a pas été plus vigilant que moi ; n’a pas réagi ; et a aussi compté pour rien la sauvagerie de la répression en Tchétchénie (mais république russe), les agressions en Géorgie et en Moldavie, sans compter l’hostilité ouverte, contre nous, des milices Wagner en Afrique.

Mais le 24 février 2022, le masque est tombé. L’impérialisme renaissant de la Russie de toujours m’a fait changer d’avis.

A ma surprise, une importante minorité de Français, dont des militaires, parfois de haut rang, avec qui j’étais en communion de pensée avant cette date sur les sujets d’identité, d’immigration et de délitement de l’état, n’a pas fait le même chemin que moi. Quand ils n’approuvent pas carrément la politique néo-soviétique de M. Poutine, ils lui trouvent bien des excuses, et cherchent même parfois, en tordant la réalité, à le faire passer pour une victime des provocations de l’OTAN, donc des Etats-Unis. Ce serait à son corps défendant qu’il a été obligé d’agir comme il l’a fait ; et, dans leur esprit, il reste le meilleur symbole de la résistance des peuples à une invasion culturelle regrettable, faisant pardonner tout le reste. Le soutien

de M. Macron, qu’ils exècrent, à l’Ukraine, contribue aussi à les rejeter dans le camp d’en face.

Est-ce adhésion à l’idéologie sous-jacente conquérante de la politique poutinienne, refus d’admettre que l’on s’est trompé, ou pure fascination pour les autocrates, la force et la violence ?

Rien dans leurs arguments qui soit avéré ou qui ne puisse être équilibré par un argument inverse. En tous cas, rien qui pèse suffisamment lourd pour autoriser à ne pas choisir le camp de la victime.

L’OTAN, donc au premier chef les USA, serait la grande responsable initiale de la situation par sa politique agressive depuis toujours contre la Russie.

Pour résumer, la Russie envahit, mais la coupable c’est l’Amérique…

Général R. DUBOIS (2S)

A SUIVRE…

Laisser un commentaire